22 novembre 2017
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Premiers résultats de l’enquête ESCAPAD 2014

Le 8ème exercice de l’enquête de l’OFDT menée auprès d’un échantillon de plus de 26000 jeunes Français de 17 ans fait apparaître une hausse des usages par rapport à 2011. Les niveaux des consommations régulières de tabac, d’alcool ou de cannabis restent toutefois en deçà des niveaux atteints au début de la décennie 2000.

Depuis 2000, l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) interroge très régulièrement les filles et garçons de 17 ans sur leur santé et leurs consommations de produits psychoactifs. La  huitième  enquête  nationale  ESCAPAD (Enquête  sur  la  santé  et  les consommations lors de l’appel de préparation à la Défense) a, comme les précédentes, été menée avec le soutien de la Direction du service national, lors de la Journée Défense et citoyenneté en mars 2014 auprès de 26 351 jeunes gens.

Les premiers résultats de l’enquête portant sur les consommations de substances psychoactives des jeunes métropolitains sont aujourd’hui présentés dans une note et seront bientôt analysés dans un numéro de la lettre de l’OFDT Tendances. Ces données permettent de mesurer les niveaux d’usages d’une dizaine de substances licites et illicites et les évolutions par rapport aux enquêtes antérieures.

«La reproduction, à un rythme soutenu, de l’enquête ESCAPAD depuis 15 ans en fait un outil unique pour l’observation des comportements des adolescents, à un âge où le suivi est particulièrement pertinent puisque certains expérimentent puis choisissent d’abandonner ces pratiques, tandis que d’autres entrent dans l’usage régulier de substances psychoactives» explique François Beck, directeur de l’OFDT. «La grande taille d’échantillon permet de porter un regard précis sur l’adolescence dans sa diversité.»

Les résultats 2014 font apparaître plusieurs hausses des niveaux d’expérimentation en ce qui concerne les substances illicites. Les usages réguliers de tabac et d’alcool progressent légèrement, alors que ceux de cannabis se révèlent en nette augmentation par rapport à 2011. Sur l’ensemble des 15 dernières années, les niveaux des consommations les plus régulières de tabac, d’alcool ou de cannabis restent toutefois en de ça des niveaux atteints au début de la décennie 2000.

«La hausse de la consommation de cannabis récemment observée parmi les adultes se retrouve chez les jeunes de 17 ans avec, là aussi, des accroissements notables chez les femmes» confirme François Beck. «En revanche, les comportements d’alcoolisation intensive sont en léger recul à la fin de l’adolescence, tandis qu’ils apparaissent plutôt en augmentation parmi les jeunes adultes. Enfin, les usages de tabac ne sont pas aussi stabilisés que dans les tranches d’âge supérieures.»

Les principaux résultats selon les produits sont ici résumés.

Légère progression de l’usage quotidien de tabac par rapport à 2011

Alors que l’expérimentation du tabac se maintient à son niveau de 2008, concernant 7 adolescents sur 10 (68,4 %), l’enquête fait apparaître une légère hausse des niveaux d’usage quotidien.  Celui-ci s’établit  à  32,4  %  contre  31,5  % en  2011.  Cette  hausse  résulte principalement de la progression des usages des filles. Les niveaux d’usages quotidiens qui ont repris leur progression depuis 2008 restent néanmoins en 2014 nettement inférieurs à ceux observés en 2000 (41,1 %).

Évolution des comportements de consommation de boissons alcoolisées

L’alcool, qui demeure la première substance largement expérimentée par les adolescents (89,3%), voit sa diffusion en recul continu depuis une décennie. Les usages réguliers (10 fois par mois) sont de leur côté en progression (12,3 %), poursuivant une reprise amorcée en 2008.
Ils restent cependant inférieurs au niveau maximum atteint en 2003. En parallèle, on observe que le niveau des ivresses, stabilisé depuis 2005, ne fluctue que très légèrement. De leur côté, les alcoolisations ponctuelles importantes (boire au moins 5 verres en 1 seule occasion) apparaissent en repli en 2014.
Moins de la moitié des jeunes (48,8 %) indiquent avoir eu au moins une fois un tel comportement au cours du mois écoulé contre 53,2 % en 2011.

Hausse des usages de cannabis

L’expérimentation du cannabis est le fait de près d’un jeune de 17 ans sur deux (47,8%) en 2014, contre un peu plus de quatre sur 10 (41,5 %) en 2011. Les usages au cours du dernier mois concernent un quart des jeunes (25,5 %) au lieu de 22,4 % en 2011. Par ailleurs, près d’un jeune sur 10 (9,2 %) consomme au moins 10 fois par mois alors qu’en 2011 ils étaient 6,5 %. Le risque d’usage problématique ou de dépendance au cannabis est estimé à 8,0 % des adolescents de 17 ans (5,3 % en 2011).
Les différentes hausses constatées concernent aussi bien les garçons que les filles, même si les premiers restent plus consommateurs que les secondes et ce d’autant plus que l’indicateur d’usage s’intensifie. Tous ces niveaux, même s’ils sont en nette hausse, restent toutefois inférieurs au pic atteint en 2002/2003.

Augmentations des expérimentations des produits stimulants, niveaux des autres drogues stables à des niveaux très bas.

Les substances illicites hors cannabis ne sont essayées que par une petite minorité de jeunes, leur niveau maximum d’expérimentation n’excédant jamais 4 %.
Les usages au cours de la vie des substances stimulantes (cocaïne, MDMA/ecstasy et amphétamines) sont plutôt orientés à la hausse par rapport à 2011. Les expérimentations de MDMA/ecstasy présentent un profil particulier puisque, dans un contexte de faible disponibilité de la substance, elles avaient affiché un net recul entre 2005 et 2011, avant devoir leur niveau doubler, passant de 1,9 % à 3,8 % entre 2011 et 2014.
Concernant les champignons hallucinogènes, le niveau est stable, proche de 4 %, conformément à ce qui était observé dans les enquêtes précédentes. Enfin, les expérimentations d’un groupe constitué de substances rares comme l’héroïne ou le LSD se maintiennent à un très faible niveau: autour de 1 %.
Concernant  les poppers  et  les  produits  à  inhaler, souvent  vendus  librement, ils sont expérimentés par respectivement 5,5% et 4,3% des jeunes de 17 ans.

Contact presse: OFDT- Julie-Emilie Adès – Tél: 01 41 62 77 46 – Email: julie-emilie.ades@ofdt.fr