23 septembre 2017
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Les traitements de substitution aux opiacés dans le Nord et le Pas-de-Calais- juin 2016

Les traitements de substitution aux opiacés ont été diffusés en France à partir du milieu des années 1990 et sont aujourd’hui largement employés dans la prise en charge des anciens héroïnomanes. 20 ans après leur diffusion, la Fédération régionale de recherche en psychiatrie et santé mentale (F2RSM) et le Centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie (Csapa) Le Cèdre bleu à Lomme (Nord), avec le soutien de l’union régionale de la Fédération Addiction des Hauts-de-France, ont décidé de mener une étude quantitative (à partir des bases de remboursement de l’Assurance-maladie et d’une enquête auprès des centres d’addictologie) et une enquête qualitative par entretien auprès de professionnels de ces mêmes centres, sur les pratiques de relais vers les médecins généralistes, une fois les patients stabilisés.

Cette étude permet d’estimer leur nombre dans le Nord – Pas-de-Calais (environ 15 000), et d’en décrire les caractéristiques. Il s’agit surtout d’hommes et de patients de 30-49 ans, dont l’effectif connaît une légère hausse entre 2007 et 2013, alors que les molécules employées évoluent. Les Centres de soins d’accompagnement et de prévention en addictologie (Csapa), qui prescrivent essentiellement de la méthadone, et les médecins généralistes, surtout de la buprénorphine haut dosage (BHD), commencent à employer la BHDnaloxone à partir de 2012. Par rapport à une précédente étude, sur l’année 2009, sont à souligner la hausse de l’âge moyen des patients substitués, l’augmentation de la part des gélules dans les formes galéniques de la méthadone, ainsi que la forte baisse du nombre de patients ayant eu cinq prescripteurs distincts au cours de l’année.

L’étude par entretien a mis à jour le poids des représentations sur les partenaires au sein des Csapa, qui orientent les patients substitués vers la médecine de ville dans des proportions très variables, et selon des critères qui n’ont pas à voir uniquement avec les caractéristiques des patients ; des règles propres, liées au statut, à l’histoire des centres, mais également aux contraintes de l’environnement professionnel : les difficultés rencontrées pour coopérer avec des médecins généralistes constituent autant de facteurs contribuant aux forts écarts de pratiques de relais. Sans nécessairement chercher à uniformiser les pratiques des centres en ce domaine, des études complémentaires sur les conditions favorables au fonctionnement satisfaisant des relais, du point de vue des professionnels et des patients, permettraient de disposer d’un référentiel apte à orienter les pratiques.


Un rapport établi dans le cadre de l’étude les TSO dans le Nord – Pas-de-Calais menée par le Csapa le Cèdre bleu et la Fédération régionale de recherche en santé mentale des Hauts-de-France.
Cette étude est financée par l’Agence régionale de santé Nord – Pas-de-Calais – Picardie.

Les auteurs

Laurent Plancke1,2 , Alina Amariei1, Nathalie Lancial3, Sébastien Lose3

1 Fédération régionale de recherche en psychiatrie et santé mentale (F2RSM) des Hauts-de-France, Lille
2 Centre lillois d’études sociologiques et économiques (Clersé), Villeneuve d’Ascq
3 Cèdre Bleu, Lomme


Les traitements de substitution aux opiacés dans le Nord et le Pas-de-Calais

Téléchargez le rapport complet ICI.

Un numéro de PsyBrèves de la F2RSM a été consacré aux résultats de cette étude également ; retrouvez le ICI.