23 septembre 2017
Accueil » addictologie » Les effets du cannabis sur la conduite automobile

Les effets du cannabis sur la conduite automobile

Effets_cannabis_conduite_automobile

portailquebecL’Institut national de santé publique du Québec publie une revue de la littérature sur les effets du cannabis sur la conduite automobile. Le cannabis est une substance illicite dont la consommation est répandue. Son usage à des fins récréatives soulève toutefois des préoccupations quant à son innocuité, notamment au regard de la conduite automobile. Cette revue de la littérature porte sur les analyses toxicologiques pouvant établir un lien entre la consommation de cannabis et la conduite automobile. Les principaux faits saillants dégagés sont les suivants :

  • Le principe actif engendrant la majorité des effets du cannabis est le THC.
  • Les effets du cannabis varient grandement d’un consommateur à l’autre selon divers paramètres tels que la dose consommée, le mode d’administration, l’expérience antérieure, l’état physique et mental, et le contexte social de l’usage.
  • Les effets du cannabis sur la conduite automobile sont à leur maximum 15 minutes après la consommation de ce produit et peuvent durer jusqu’à 7 heures plus tard, et parfois plus.
  • Des tests cognitifs menés chez des sujets ayant consommé du cannabis ont montré que les fonctions perceptuelles et psychomotrices sont grandement touchées : l’attention baisse, le temps de réaction augmente et le suivi de trajectoire et le contrôle moteur diminuent.
  • Dans des simulateurs de conduite et lors de la conduite dans des conditions réelles, les effets suivants ont également été observés : augmentation de l’omission de panneaux, allongement du temps de freinage, augmentation de la déviation de la position latérale de la voiture et diminution de la performance lors de situations imprévues.
  • Le risque relatif d’accident de la route est presque doublé chez les consommateurs de cannabis malgré certains comportements compensatoires des conducteurs lorsqu’ils se savent intoxiqués par le cannabis.
  • Le profil pharmacocinétique particulier du cannabis, la grande variabilité interindividuelle de même que les méthodes d’administration et les dosages très variables et non standardisés compliquent l’estimation du degré d’intoxication ou du laps de temps s’étant écoulé depuis que les consommateurs ont été exposés au cannabis.
  • Les principaux facteurs confondants pouvant influencer le lien de causalité sont : la consommation concomitante d’éthanol et d’autres drogues, l’association entre la consommation de cannabis et d’autres comportements à risque sur la route et la corrélation entre le relativement jeune âge des utilisateurs de cannabis et leur niveau d’inexpérience de conduite.
  • Il n’est pas possible de déterminer hors de tout doute raisonnable comment l’altération de la conduite par la consommation de cannabis chez un individu peut être mesurée précisément à l’aide d’analyses de laboratoire.

Pour en savoir plus, consultez le rapport sur le site de l’INSPQ (en français, 26 pages)