18 décembre 2017
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La rémunération des fumeurs en arrêt, une stratégie qui peut fonctionner

Le British Medical Journal met en avant une étude menée au Royaume-Uni sur 612 femmes enceintes déclarant être fumeuses et ayant une intoxication au monoxyde de carbone d’au moins 7ppm. La moitié de ce groupe se voyait offrir des incitations financières pour poursuivre son arrêt du tabac lorsque l’autre groupe connaissait une démarche plus classique.

Alors que le groupe témoin bénéficiait d’un parcours classique, proposant des rendez-vous individuels, 10 semaines de substituts nicotiniques et une relance téléphonique hebdomadaire, le groupe-test avait le même protocole mais avec de multiples incitations sous forme de bons d’achats : 60€ lors de la prise d’un premier rendez-vous et de l’inscription dans une démarche d’arrêt, 60€ après 4 semaines de sevrage (soumis par un test biologique), 120€ après 12 semaines d’abstinence confirmées et 240€ en validant l’arrêt entre la 34ème et la 38ème semaine de gestation.

Dans les faits, un nombre bien supérieur de femmes ont arrêté de fumer dans le groupe à incitation financière que dans le groupe témoin (22,5% contre 8,6%). De même, un an après cette expérimentation, le groupe-test était toujours nettement plus abstinent que le groupe-témoin (15% contre 4%).

Le tabagisme lors de la grossesse est une des causes évitables majeures de problèmes de santé lors de la maternité et de la néo-natalité au Royaume-Uni et dans les pays développés. Les interventions existantes n’ont pas montré leur efficacité. Cette étude donne des évidences substantielles d’une nouvelle intervention prometteuse et potentiellement pertinente au niveau du coût-efficacité à ajouter à l’offre existante.