20 août 2017
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CANCER du POUMON : Cigarettes light, non le risque n’est pas plus léger

Actualité publiée il y a 14 jours par le Journal of the National Cancer Institute

 

Ces données d’augmentation de l’adénocarcinome pulmonaire lié à l’utilisation de cigarettes légères, incite les chercheurs de l’Ohio State University Comprehensive Cancer Center à appeler l’Agence américaine Food and Drug Administration à prendre des mesures immédiates, dont l’interdiction des trous de ventilation sur les cigarettes. En effet, ces orifices de ventilation des filtres, invisibles à l’œil nu semblent contribuer à l’apparition d’une certaine forme de cancer du poumon, un type d’adénocarcinome pulmonaire qui se développe profondément dans les poumons.

L’étude montre que les cigarettes dites légères ou light n’ont pas d’avantages ou moins d’inconvénient pour la santé des fumeurs et au-delà contribuent à l’augmentation de la seule forme de cancer du poumon dont l’incidence ne baisse pas.  

Les chercheurs de l’Ohio et de 5 autres centres de cancérologie ont examiné pourquoi le type de cancer du poumon le plus fréquent, l’adénocarcinome, a augmenté au cours des 50 dernières années, en dépit de la baisse globale du tabagisme. Car d’autres types de cancer du poumon ont diminué mais pas l’adénocarcinome du poumon aujourd’hui le type de cancer du poumon le plus courant. Les résultats confirment en particulier l’absence de réduction de risque avec les cigarettes à forte ventilation ou légères commercialisées comme une option « plus saine ». En réalité, ces cigarettes font plus de dégâts. Les données suggèrent en particulier une relation claire entre l’ajout de trous de ventilation aux filtres des cigarettes et les taux croissants d’adénocarcinome pulmonaire observés ces 20 dernières années.

Des trous de ventilation ajoutés à pratiquement toutes les cigarettes : L’équipe de chercheurs en oncologie pulmonaire, en santé publique et en régulation du tabac a effectué une analyse exhaustive de la littérature dont des études sur la chimie et la toxicologie, des essais cliniques chez l’homme et des études épidémiologiques sur la relation entre le tabagisme et le risque de cancer. Les chercheurs concluent que les taux d’incidence plus élevés d’adénocarcinomes pulmonaires sont en partie attribuables aux trous de ventilation du filtre, ce qui permet aux fumeurs d’inhaler plus de fumée et donc entraîne une exposition plus élevée aux agents cancérogènes, mutagènes et autres toxines. Les trous de ventilation du filtre changent en effet la façon dont le tabac est brûlé, et favorisent la production de substances cancérigènes, commentent les chercheurs. De plus, ils permettent également à la fumée d’atteindre les parties profondes du poumon où les adénocarcinomes se développent plus fréquemment.

Une recherche complémentaire est nécessaire pour confirmer que la dépendance à la cigarette ou les expositions toxiques seraient réduites avec l’élimination des trous de ventilation. Cependant, les auteurs de l’étude affirment aujourd’hui qu’« il y a suffisamment de données pour commencer, sans attendre de nouvelles données, le processus d’interdiction de ces trous de ventilation. Cette interdiction permettrait de réduire la toxicité des cigarettes conventionnelles et favoriserait l’arrêt ou la réduction du tabagisme ».  

Source : Journal of the National Cancer Institute 22 May 2017 10.1093/jnci/djx075  Cigarette Filter Ventilation and its Relationship to Increasing Rates of Lung Adenocarcinoma (Visuels@The Ohio State University Comprehensive Cancer Center – Arthur G. James Cancer Hospital and Richard J. Solove Research Institute)

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