22 septembre 2017
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10 ans de mortalité du cancer étudié dans notre région

L’Observatoire Régional de la Santé dresse, dans le cadre de sa publication 50/51°, le bilan d’une décennie de cancers en Nord-Pas-de-Calais. C’est l’occasion de découvrir, en plus de nombreux entretiens avec des patients, l’évolution de la mortalité par types de cancers dans les différents territoires du Nord-Pas-de-Calais. Extraits.

De fortes disparités à l’intérieur de la région

La mortalité par cancers entre 2000 et 2011 reste plus lourde dans la région que dans le reste de la France. Néanmoins, on observe de réels écarts à l’intérieur du Nord – Pas-de-Calais. Une hétérogénéité qui nous fait dire qu’il n’y a pas de fatalité régionale. Pour preuve, les indicateurs de mortalité varient significativement selon les types de cancers : sein, poumon, voies aérodigestives, intestins. Ils sont aussi très différents selon les territoires de la région, baptisés dans le langage de l’ARS «zone de proximité». Certaines progressent, parfois mieux que la moyenne nationale, quand d’autres, pourtant voisines, stagnent, ou régressent.

Cancer du poumon, Valenciennes et Béthune progressent

En 2010, la région reste la dernière au classement national en matière de mortalité par cancers broncho-pulmonaires (+34%). Néanmoins, uelques petits miracles sont à souligner : les zones de proximité du Valenciennois, de Roubaix-Tourcoing, de Lille et de Béthune ont vu leur mortalité reculer bien plus vite que la moyenne nationale (deux fois plus rapidement pour Valenciennes). Les zones de Roubaix-Tourcoing et de Lille progressent aussi avec des baisses respectives de +73% et +67% que la baisse française. Ces territoires rattrapent ainsi la dynamique nationale. À l’inverse, la situation du territoire de Lens-Liévin est préoccupante. La mortalité y est toujours très élevée (+66% par rapport à la moyenne) et elle a stagné pendant ces dix dernières années.

Cancers de la gorge, les femmes très touchées

Le cancer des voies aérodigestives supérieures (VADS) tue encore davantage dans la région que dans le reste du pays. La région a néanmoins réduit l’écart avec la moyenne française en dix ans. Sa mortalité (pour les hommes) a baissé de 26,6% quand la France affiche un recul de 15,9%. Les zones de Lille, Roubaix-Tourcoing, de la Sambre-Avesnois et surtout de Calais tirent leur épingle du jeu. Dans ces territoires, la mortalité recule plus vite que dans le reste de la France. À l’inverse, les zones du Valenciennois, du Boulonnais, de l’Audomarois, de Lens-Hénin et du Douaisis sont préoccupantes. La mortalité y est importante et y recule moins qu’ailleurs.

Mortalité par cancers : écart par rapport à la baisse moyenne nationale (1999-2010) exploitation ORS NPdC

Un pourcentage positif décrit une décroissance plus rapide que la France.
Un pourcentage négatif indique une évolution plus lente que la France (voire une aggravation s’il est supérieur à 100)
Zones de proximité du Nord-Pas-de-Calais Poumon (hommes) VADS et oesophage (hommes et femmes)
ARRAGEOIS 79% -13%
AUDOMAROIS 31% -32%
BETHUNE-BRUAY 49% -4%
BOULONNAIS -50% -22%
CALAISIS -106% 38%
CAMBRESIS 44% 1%
DOUAISIS -46% -45%
DUNKERQUOIS 44% 0%
FLANDRE INTERIEURE 14% 2%
LENS-HENIN -97% -19%
LILLE 67% 17%
MONTREUILLOIS -12% -6%
ROUBAIX-TOURCOING 73% 20%
SAMBRE-AVESNOIS -8% 22%
VALENCIENNOIS 101% -21%